Même si les hommes font croire qu’ils sont bons

J’ai voulu écrire un article sur #balancetonporc et #metoo.

Je ne l’ai pas fait.

J’ai voulu écrire un article sur leur traitement médiatique.

Je ne l’ai pas fait.

J’ai voulu écrire un article sur les Golden Globes et « Time’s Up ».

Je ne l’ai pas fait.

Pourquoi ? Je ne sais pas.

Et puis, un tribune paraît dans Le Monde. Signée par Deneuve, Lévy, et 98 autres femmes.

Une tribune pour « la liberté d’importuner ».

Et je me dis que finalement, je vais peut être écrire quelque chose.

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Surfer au neutre

J’aime Internet.

J’aime Internet, parce que sur Internet, il y a des vidéos de canetons, et des vidéos de gens qui réagissent aux vidé os de canetons.

J’aime Internet, parce qu’en plus des vidéos de canetons, il y a des gens intéressants qui s’expriment, en vidéo, à l’écrit, sur des webradios.

J’aime Internet, parce qu’on y trouve des gens de gauche, des gens de droite, des gens qui ne savent pas, qui ne veulent pas savoir, et que tous ces gens discutent, s’engueulent, s’insultent ou s’envoient des mots d’amour dans un joyeux bordel.

J’aime Internet, parce que sans Internet, je ne saurais pas tout un tas de choses plus ou moins utiles que je n’ai pas appris à l’école, comme par exemple comment fonctionne une bétonneuse.

J’aime Internet, parce que j’y ai appris la politique, la photo, l’humour (tout relatif qu’il soit), parce que j’y ai appris le féminisme, l’écologie, le partage, toutes les valeurs qui sont les miennes.

J’aime Internet, parce que sans Internet, je ne serais pas la personne que je suis aujourd’hui.

Si je peux faire ce petit éloge en toute liberté, c’est parce qu’en France, du moins pour l’instant, nous bénéficions de la neutralité du net, ou neutralité du réseau. La neutralité du réseau, c’est le fait de pouvoir accéder à l’intégralité des sites que propose Internet, sans avoir besoin de payer un supplément pour utiliser des sites spécifiques comme les réseaux sociaux, les forums, ou encore des sites de vente en ligne. C’est, en fait, le principe qu’aucun flux d’informations ne peut être bloqué, dégradé ou favorisé par un opérateur.

Ça vous paraît évident ; et pourtant, cette neutralité n’existe pas dans tous les pays. Le Portugal et l’Espagne, par exemple, n’en bénéficient pas. Les fournisseurs d’accès proposent des « packages » étiquetés « Social », « Video », « Messaging », etc. Aux États-Unis, ce principe se trouve actuellement menacé par Ajit Pai, le président de l’autorité américaine de régulation des télécoms (FCC). Ce dernier propose la suppression de la neutralité du réseau, qui doit être votée le 14 décembre prochain.

Qu’est ce que cela signifie pour nous, qui utilisons Internet pour à peu près tout ce que nous entreprenons ?

En tant que résidents du territoire français, pas grand-chose, puisque le concept a été sanctuarisé dans la loi du 6 octobre 2016 pour une République numérique (bien qu’il y ait parfois quelques tentatives pour la contourner)

Mais pour les utilisateurs américains, portugais, et tous les utilisateurs résidant dans des pays sans neutralité, cela pose plusieurs problèmes :

– d’une part, l’accès à certains sites, nécessitant un supplément, ne sera plus accessibles aux classes les plus pauvres ; par exemple, l’accès à YouTube pourrait être réservé à ceux qui peuvent se permettre de payer 5$ de plus par mois, ce qui non seulement pose un gros problème éthique, mais pourrait également mettre en danger la diversité de la production vidéo, certains vidéastes étant dans une situation précaire ;

– d’autre part, cela mettrait en concurrence des sites qui d’ordinaire ne le sont pas : si, pour 5$ de plus par mois, on doit choisir entre un package qui contient Facebook/Twitter/Instagram et un autre qui contient Pinterest/Tumblr/Snapchat, que vont choisir les utilisateurs ? La plupart ont un compte Facebook et un compte Snapchat, ou bien un compte Twitter et un compte Tumblr. Les utilisateurs se verront donc « forcés » de souscrire à deux suppléments, et, encore une fois, tous ne sont pas capables d’investir autant (cet argument peut bien sûr être utilisé avec des exemples de sites d’informations ou de divertissement, le réseau social n’a pas le monopole de l’Internet) ;

– enfin, cela soulève la question de la censure : certains fournisseurs, sans la neutralité du réseau, se verraient accordé le droit de modification des flux d’informations. Ainsi, ils pourraient tout à fait bloquer l’accès à certains sites qui ne proposent pas des visions économiques ou politiques qui correspondent à celles du founisseur, comme on a pu le voir en 2005 au Canada.

Le libre accès à Internet ne devrait pas être un luxe, comme l’instaurerait la suppression de la neutralité, mais un droit. Chacun devrait pouvoir accéder à l’information et, comme ce fut le cas pour moi et pour bien d’autres, se forger une culture qui lui est propre, diversifier et nuancer ses opinions. Internet est un réseau de partage, qu’il soit utilisé à bon ou à mauvais escient ; et il est impossible de ne pas l’envisager comme une représentation de la population, représentation qui serait faussée et discriminatoire si la neutralité venait à disparaître.

House music sous perfusion [L’instant Q]

Sida, on meurt, l’indifférence demeure !

Puissant. C’est le premier mot qui vient à l’esprit pour parler de 120 Battements par minute. Comme une évidence.

Sida, on meurt, l’indifférence demeure !

C’est le mot qui décrit la détresse, la peur, l’espoir. Les lésions sur le corps des malades, le scotch sur les yeux des morts, la fatigue dans ceux des vivants.

Sida, on meurt l’indifférence demeure !

C’est le mot qui décrit le rythme des battements de cœur.

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S.O.S, Terriens en détresse

Une simple recherche Google pour « Calais » montre bien que rien n’est fini, que la situation ne s’est certainement pas améliorée, et même qu’elle a empiré. Pourtant, on ne voit plus d’images à la télévision, on n’entend plus de témoignages à la radio, on ne lis plus de rapports dans la presse écrite, et on ne voit plus de #migrants ou #Calais en TT sur twitter, ni de statuts facebook insurgés soit contre l’aide inexistante, soit contre la présence des camps qui « importunent » les riverains.

Alors je me suis dit qu’une piqûre de rappel ne pouvait pas faire de mal. Lire la suite

Le jour de gloire est arrivé

J’étais ce matin, comme beaucoup, postée devant ma télé, pour regarder le traditionnel défilé du 14 juillet, les acrobaties de la Patrouille de France, avant de me rendre, ce soir, au feu d’artifice organisé par mon village, puis au bal qui va avec, animée d’un élan patriotique décuplé par une consommation nocturne et tardive de boissons alcoolisées. On agitera sans doute des petits drapeaux, je regarderai sans doute avec affection, avant d’aller me coucher, la cocarde tricolore accrochée près de mon lit, en ayant passé, comme tous les ans, une journée sans accroc.

Sauf que ce matin, à la tribune présidentielle, il y avait Donald Trump. Lire la suite